Mort Fœtale In Utero
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Maelyne

Parce que parler est un exutoire qui aide à la reconstruction, je voulais lui dédier cette chanson que j’ai écrite pour elle (quelque peu inspirée d’une autre 😉 )

Petite Maelyne, je parle de toi,
Parce qu’avec
Tes petits coups de pieds,
Tes petites menottes,
Tu as versé sur ma vie
Des milliers de roses

Petite souris,
Je me suis battue pour toi
Mais finalement,
Pas suffisamment…
On se retrouvera un jour,
Sous un ciel aussi joli
Que des milliers de roses

Tu es au ciel
Et les étoiles entre elles
Ne parlent que de toi
Et nous en bas
On ne t’oubliera pas
Notre fille tu resteras.
De notre amour
Plus grand que le ciel autour

Petite Maelyne, je t’ai attendue
Cette journée, interminable
Et finalement tu es arrivée
Bien trop tôt ma puce,
A peine le temps, de dire je t’aime
Tu étais repartie…

Petite souris,
Tu prouves que la vie
C’est une bagarre chaque fois
Au soleil du cimetière,
Moi je me sens vide
Et mes yeux pleurent
le manque de toi

Tu es au ciel
Et les étoiles entre elles
Ne parlent que de toi
Et nous en bas
On ne t’oubliera pas

Notre fille tu resteras
De notre amour
Plus grand que le ciel autour

Dans la pénombre de ma chambre
Petite Maelyne m’entends-tu ?
Je pense bien à toi
Pour toujours…

L’histoire de ma toute petite Zoé…

J’étais quelqu’un qui savourait pleinement la vie, profitait intensément de chaque moment de bonheur.
On avait un petit garçon, une maison presque finie de rénover, on voulait agrandir la famille, un petit bébé est vite venu se nicher dans mon bidon. Le bonheur parfait. Depuis quelques semaines je disais à mon chéri, on est trop heureux, ce n’est pas possible d’être aussi heureux, il va bien nous arriver quelque chose…

Le samedi 3 janvier, je m’inquiète car voici quelques jours que je ne sens plus mon bébé bouger, et même, que je me sens vide.
Je ne peux pas attendre les 15 jours qui nous séparent de la deuxième échographie pour être rassurée.
J’appelle la maternité, le médecin de garde me dit qu’à 4 mois de grossesse de toutes façons on ne sent pas son bébé bouger, et quand bien même, ne pas le sentir pendant quelques jours n’est absolument pas inquiétant car le bébé et le placenta se déplacent.
OK… Mais je ne parviens pas à me rassurer.

L’échographie

Lundi 5 janvier, je prends RDV avec ma gynéco, elle n’est pas là, tant pis, ce sera sa collègue. J’ai toujours été angoissée par les grossesses de manière générale donc l’idée c’est de me rassurer.
J’y vais seule du coup. La gynéco propose qu’on passe tout de suite en salle d’écho pour me rassurer, on causera après. Et là, l’horreur ! Je vois que mon bébé ne bouge pas. Je lui demande de vérifier encore et encore. Elle confirme, son cœur ne bat plus. On appelle mon chéri pour qu’il nous rejoigne.

La gynéco nous a dit qu’il fallait accoucher. Un vrai accouchement.
Soit le soir même au CHU, soit le lendemain à la maternité où l’accouchement était prévu. Nous avons choisi le lendemain à la maternité, lieu plus sécurisant pour nous. Nous avons ainsi eu rdv mardi matin.
Nos minces espoirs d’une erreur de la gynéco vue la veille, de découvrir que finalement notre bébé allait bien, se sont écroulés.
Notre bébé était décédé depuis quelques jours déjà. Mais l’accouchement ne pouvait pas se faire le jour même.
Le médecin m’a donné les premiers cachets pour déclencher l’accouchement, RDV anesthésiste, et accouchement prévu seulement 2 jours plus tard.
Le lendemain RDV psy, sage-femme. Des jours et des nuits interminables.
Avec une seule envie : que tout s’arrête. Et puis finalement, ces quelques jours nous ont permis de cheminer.
C’était long et court à la fois pour prendre toutes les décisions qu’on nous demandait de prendre.

L’accouchement

L’accouchement nous n’avions pas le choix, un accouchement par voie basse, impossible d’être endormie, impossible d’avoir une césarienne, c’était pourtant mon souhait suite au choc de l’annonce.
Les choix à faire étaient les suivants : voir ou non notre bébé, lui organiser des obsèques ou laisser la maternité le faire, la déclarer et lui donner un prénom ou non.

Nous avons décidé de ne pas lui organiser d’obsèques nous-mêmes et de laisser la maternité gérer, nous n’en avions pas le courage.
Ses cendres sont ainsi déposées au jardin des souvenirs du cimetière du Parc à Nantes. Nous lui commandons une petite plaque pour la déposer sur le totem des bébés nés sans vie. Nous prévoyons de planter un arbre en sa mémoire dans notre jardin.

Nous avions décidé de voir notre bébé, dans la mesure où l’image que nous allions voir ne nous choquerait pas. Notre bébé étant décédé depuis quelques jours, c’était notre crainte.

Zoé

Nous avons décidé de la prénommer Zoé. Parce que c’est un prénom que nous aimions bien.
Un prénom proche du mien toutefois, mais c’est une partie de nous qui s’en va avec elle, ça devient ainsi pertinent. De plus, Zoé signifie « Vie, Existence », et c’est notre souhait, que notre petite fille puisse continuer d’exister dans nos esprits et nos cœurs.
Et de la déclarer. Zoé est notre deuxième enfant, même administrativement.

Nous sommes donc arrivés jeudi matin en salle d’accouchement. Des médicaments toutes les 4 heures pour faire venir les contractions. Une péridurale posée très douloureusement mais efficace, avec aucune sensation, c’était le but que je recherchais.
Une sage-femme en or. Qui a su nous parler, rassurer, accompagner… Zoé est née à 20h.

La sage femme est partie de la salle d’accouchement avec elle. Elle est revenue comme convenu ensuite nous voir.
Elle a pleuré avec nous. Elle nous a dit qu’avec son cœur de maman, elle nous conseillait de ne pas la voir.
Qu’elle était très bien formée, qu’elle était très belle, mais aussi abîmée par son décès datant d’une semaine.
Nous accordions toute notre confiance à cette sage femme et avons ainsi souhaité s’en tenir à son discours.
Elle est revenue un peu plus tard en nous disant qu’elle devait aussi nous parler avec son regard de soignant, en nous décrivant notre petite fille plus précisément, et en nous laissant le choix de la voir ou non, mais nous avons décidé de nous fier à son premier discours.
Je ne sais pas si nous avons fait le bon choix… Quelques semaines plus tard en tous cas, je vais longuement regretter de ne pas avoir pu la serrer dans mes bras
Elle nous précise que des photos de Zoé sont prises et mises à son dossier. Zoé mesurait 22 cm et pesait 190 grammes.

Les résultats des prises de sang n’ont rien donné. Le médecin évoquait un virus au début, mais non.
Nous avons aussi demandé une autopsie de notre fille. L’autopsie n’a rien donné non plus.
Nous ne saurons jamais ce qui a causé son décès.

Le camélia

On a planté un joli Camélia dans notre jardin en la mémoire de notre petite fille.
On a demandé à un dessinateur de reproduire les photos d’elle, sans les lésions qu’elle avait au visage, et on peut ainsi la regarder encore et encore et la présenter à notre famille. On a écrit un petit livre de son histoire et on l’a fait illustrer, pour notre petit garçon et une éventuelle autre fratrie.
Zoé a existé et existera toujours pour nous, toutes ces petites choses sont si importantes pour nous.

Un autre enfant

Quelques mois plus tard, nous avons décidé de faire un autre enfant. 9 mois de grossesse interminables pendant lesquels le temps a été comme suspendu. Et puis une merveilleuse petite fille est arrivée, un véritable petit morceau de bonheur.
Elle ne remplacera jamais Zoé, c’est notre troisième enfant, même si peu la considère ainsi.

Nous ne sommes pas totalement comblés bien sûr, mais très heureux malgré tout.
J’ai souhaité attendre sa naissance pour partager mon témoignage…
Parce que la vie continue et elle peut être belle malgré l’épreuve…

Alors j’adresse plein de courage et d’espoir aux parents qui liront mon témoignage.

Noé (02/11/11 – 30/05/12)

Je vous raconte le récit de ma grossesse mais qui est en fait le récit de la vie de Noé.
Bien trop courte et à jamais gravée dans nos cœurs.

1er trimestre

Comme pour beaucoup de couples, nous nous sommes mariés et notre désir d’enfant a grandi avec ce projet.
Donc 4 mois après le mariage nous avons eu ce bonheur de découvrir que j’étais enceinte…
En ce qui concerne la découverte je dirai que c’était une énorme envie de savoir et une intuition que peut-être j’étais enceinte.
J’ai fait un test à J-3 avant mes règles. J’avais des douleurs aux seins depuis une 15aine de jours et donc je me
disais que c’était bizarre quand même.
J’ai fait ce test le 17 novembre 2011 et après ce jour notre vie a basculé, d’abord dans le bonheur, fort heureusement.
Le lendemain j’ai fait une prise de sang pour confirmer et celle-ci nous a révélé que la grossesse avait démarré entre 2 et 3 semaines.
Et bien c’était parti pour les examens : prise de sang et analyse d’urines… Je n’avais pas la toxoplasmose donc je devais me faire à l’idée que tous les mois j’aurai droit à ma petite piqûre !
C’était pas grave c’était pour la bonne cause !

Tout se déroulait bien jusqu’au jour du 07 décembre où là j’ai eu une grosse panique, je me suis mise à perdre du sang, comme si j’avais mes règles. Nous sommes donc allés aux urgences obstétriques de l’hôpital de Cholet (49). L’interne de garde m’a fait un examen gynéco pendant que mon angoisse montait, quasi persuadée que tout était fini…
Mon mari était aussi inquiet que moi mais ne montrait rien.
Ensuite elle fit une échographie et là ce fut juste magique…
J’ai pu voir le cœur scintiller sur l’image !
Notre bébé était bien en vie et il se battait.
Bon c’est vrai que ça ressemblait plus à un haricot qu’à un bébé mais on s’en foutait : c’était notre bébé !
J’ai donc été arrêtée pendant un peu plus de 3 semaines, le temps que les saignements s’arrêtent (a priori il y avait un défaut d’accolement du placenta…).

Ensuite la fin du 1er trimestre s’est très bien déroulée et nous avons fait l’écho normale à la 16ème semaine.
Et là nous avons pu voir un vrai petit bébé et non plus un « haricot » !!!
J’ai continué donc ma grossesse avec les examens mensuels classiques sans aucune anomalie jamais révélée… Jusqu’à l’échographie du 2nd trimestre….

2nd trimestre

C’est à ce trimestre que tout à commencer à basculer dans l’angoisse, la tristesse et une grossesse entre parenthèses…
L’écho morphologique était programmée pour le mercredi 28 mars au soir. Jusqu’au début du mois de mars je dirais que tout allait bien mais au fur et à mesure que cette écho approchait, je ne saurais dire pourquoi mais je savais que quelque chose n’irait pas.
Je l’appréhendais… Même mes collègues essayaient de me rassurer en me disant que c’était la plus belle écho de la grossesse… alors je me suis dit qu’elles avaient peut-être raison et que certainement c’était mes hormones qui me faisaient divaguer.

Sauf que mon pressentiment a pris forme lors de ce rendez-vous qui a duré plus de 2 heures avec 2 médecins différents…
Le 1er a commencé l’examen et tout allait très bien ! On a même commencé par le sexe parce que sans faire exprès il est tombé dessus tout de suite… 1ère joie, nous attendions un garçon.

Il a continué son examen puis s’est arrêté sur le cœur un peu plus longuement, sans trop rien dire…
Il a fini par prétendre qu’il ne voyait pas très bien et que donc il y reviendrait après…
Il y est donc revenu mais ne voyait pas mieux a priori. Il nous a donc convié mon mari et moi à rejoindre la salle d’attente parce qu’il allait demander à son collègue de vérifier ce qu’il avait vu…
Quand son collègue nous a donc repris (le chef de service quand même !), là c’était déjà plus angoissant parce que personne ne nous disait rien… Ils étaient tous fixés sur mon ventre et sur l’écran de contrôle.
Ils parlaient dans leur jargon comme si nous n’étions pas là… et moi j’avais les larmes qui commençaient à monter… alors je regardais mon petit bout qui dansait sur l’image.
Après presque 1 heure d’examen le médecin finit par me dire (en ignorant la présence de mon mari qui était pourtant juste derrière…)

Bon et bien tout ce que nous pouvons vous dire aujourd’hui, c’est qu’il y a quelque chose de pas normal !
On vous prend rendez-vous avec un cardiopédiatre en urgences et on programme une amniocentèse pour la semaine
prochaine !

Et pan ! Prends ça dans ta gueule (excusez moi de la vulgarité mais quand je repense à cet instant c’est le sentiment qui me vient). Je me suis alors mise à pleurer et je n’ai pas arrêté ensuite…
Tout s’est enchaîné… le cardiopédiatre, l’amniocentèse avec cet e****** de médecin (vous l’aurez compris je ne le tiens pas dans mon cœur celui-là, mon mari non plus d’ailleurs).
Et là ce sont ensuite 3 semaines d’angoisse qui ont commencé avec toutes les possibilités qui s’ouvraient à nous et à notre fils.
Donc l’éventualité d’une IMG si jamais l’amniocentèse révélait une cause génétique et donc des conséquences graves pour notre fils. Plus plein d’autres examens pour savoir d’où pouvait provenir cette malformation ?
Heureusement, la cardiopédiatre a été géniale avec nous… si je pouvais la revoir un jour je voudrai lui dire un grand merci parce qu’elle s’est montrée très humaine avec nous et comprenait notre douleur; elle a peaufiné le diagnostic et a réussi à nous redonner un peu d’espoir.
Quant à mon ressenti sur cette fameuse 2ième écho je l’avais oublié en chemin. C’est une de mes collègues qui me l’a rappelé. Elle m’a dit qu’elle avait beaucoup pensé à moi quand elle avait appris pour la malformation
de Noé et elle m’a dit

Tu te souviens, tu le sentais que ça n’irait pas ?

Et oui je me rappelais d’un coup cette appréhension que j’avais eu mais que j’avais mise de côté pensant que je m’imaginais des trucs…
Au final mon mari et moi avons été soulagé quand nous avons enfin eu les résultats d’amniocentèse : tout était
normal !!!

Chouette nous pouvions reprendre nos rêves pour notre fils et continuer à préparer son arrivée parmi nous. Bien sûr il y avait la cardiopathie mais nous étions confiants parce que la cardiopédiatre et le chirurgien nous avaient pleinement rassurés sur l’avenir cardiaque de Noé. Nous étions prêts à nous battre pour lui, pour la vie !

Ce 2nd trimestre ne se terminait pas si mal que ça mais je gardais quand même une angoisse, il n’était pas
encore né… Je ne serais rassuré qu’une fois qu’il serait parmi nous.

3ème trimestre

Ce dernier trimestre a été d’autant plus angoissant que je sentais de moins en moins bouger Noé.
Le 15 mai je voyais mon médecin et lui parlait de mon angoisse. Elle m’examina et me rassura en me disant que tout allait bien mais je n’étais pas sûre.

Là encore j’ai mis de côtés mes pressentiments en me disant que je m’imaginais sûrement encore des trucs… mais pourtant je n’étais pas tranquille, pas sereine du tout.
Le week-end de la pentecôte, au fond de moi je savais que Noé n’était plus là déjà… je le sais maintenant avec
le recul, j’en suis sûre. Mais j’ai préféré l’ignorer…

Finalement le mardi j’en ai parlé à ma sage-femme et là tout s’est accéléré ensuite : rien au monitoring !
Elle ne me dit rien mais je sais à quoi m’attendre…
Je vais donc en urgences à Nantes et cette fois je suis obligée de l’admettre, le médecin me le dit

Il n’y a plus d’activité cardiaque

Je le savais mais là je l’entendais et c’était reconnu par le corps médical. J’ai éclaté en sanglots et j’ai eu froid, très froid; pourtant il faisait très chaud dehors.
Ensuite et bien ils m’ont expliqué comment se passerait l’accouchement… Je ne pensais pas que je devais accoucher par voie basse, je ne voulais pas… mais je n’avais pas le choix.

Mon mari et mes parents ont pris la route pour me rejoindre et nous avons pleuré ensemble…
Ensuite tout s’est enchaîné, l’accouchement avec une équipe géniale, l’enterrement, et maintenant mon deuil…